par Denis Bouchard

LE PEUPLE CHAUDIÈRE

9 novembre 1996

La vie d'une jeune divorcée prend un nouvel envol


ST-JEAN-CHRYSOSTOME - En pleine période d'ajustement suite à une rupture survenue en 1993, Christiane Moisan, une jeune femme au milieu de la trentaine, demeurant près de l'aéroport local, était loin de se douter qu'elle deviendrait près de 3 ans plus tard, la toute première femme à détenir en Amérique du Nord, un permis d'instructeur sur Ultra-léger avec comme spécialité:  le paramoteur.  Rien ne la destinait à cela.

Christiane Moisan de St-Jean-Chrysostome est devenue le première femme instructeur en paramoteur en Amérique du Nord.
 

"Pas facile et pas évident de recommencer sa vie après 18 ans de vie commune et trois enfants et pourtant..."  Christiane Moisan a pris une direction plutôt inattendue.

Outre les inconvénients d'une rupture, elle a dû vaincre sa crainte, sa hantise de l'altitude.  Ayant jusque là une peur bleue foncée de l'avion, Christiane Moisan avait d'ailleurs presque "causé une panique" lors d'un voyage à bord d'un BOEING 747.  Sur ce dernier aspect, rien ne la destinait à une telle carrière d'instructeur en paramoteur.

Éric Dufour de l'école Paratour et son épouse Élisabeth Guérin, ses voisins, sont toutefois parvenus à la convaincre de les accompagner sur le site de l'aéroport.  "Ils cherchaient à me sortir des quatre murs de ma maison".  De fil en aiguille, et prenant contact avec les éléments de ce sport, Christiane Moisan trouvait que "c'était bien beau, mais pas pour elle".  Puis un jour, son côté sportif a pris le dessus.  "Je voyais que le paramoteur était sécuritaire et je me suis dit pourquoi pas?"

"Les premières fois, j'étais craintive.  J'ai ensuite compris le pourquoi de ma peur.  J'étais en position de commande.  Je pouvais monter plus haut ou redescendre.  C'est là que j'ai accroché!", de nous expliquer celle-ci.  "De cours en cours, je voulais continuer".

Cette ex-secrétaire de direction dans les Forces canadiennes est finalement devenue la première femme instructeur en paramoteur au Québec et en Amérique du Nord.  Son permis lui a été remis le 2 novembre.  "Pour moi, ce fut un accomplissement", dit la jeune femme en situant son ancienne phobie.

Au cours des mois d'hiver jusqu'en mars, elle vivra une vie de "bohême structurée", comme elle le décrit elle-même.  Elle enseignera l'art du paramoteur à l'école d'Éric en Floride.

Comme une bonne chose s'accompagne souvent d'une autre, son ex-compagnon de vie a proposé de rapatrier chez lui les trois enfants du couple afin de lui permettre de vivre plus intensément les trois premières années de sa nouvelle vie de femme instructeur.

Devenue une passionnée de sa nouvelle carrière qui commence, elle témoigne souhaiter la vivre le plus longtemps possible.