Journal de Québec

Par Cédric Bélanger

1er août 2000
 
POUR LE NATIONAL GEOGRAPHIC

Il va survoler des volcans en Sibérie

Professeur de paramoteur à St-Jean-Chrysostome, Éric Dufour vivra une expérience inusitée pour le compte du magazine National Geographic, qui le parachute pour trois semaines en Sibérie avec la mission de filmer des volcans.

"Je m'en vais au bout du monde", s'exclame Éric Dufour, qui séjournera en Russie, dans la région de Kamchatka, du 12 août au 3 septembre.

Sa mission:  piloter un paramoteur en tandem.  Pendant qu'il sera aux commandes, un cameraman captera sur pellicule des images des nombreux volcans qui décorent cette région, l'une des plu belles au monde.

"On dit que les paysages sont féeriques. Nous survolerons des volcans peut-être sont-ils en activité à des hauteurs variant entre 1500 mètres et 3000 mètres", signale Éric Dufour.

En attendant le grand départ, Éric Dufour s'entraîne à affronter la haute altitude.

Il a d'abord dit non

Malgré la chance unique qui s'offre à lui, le pilote de St-Jean-Chrysostome a hésité avant de répondre positivement à l'appel du magazine américain.

"National Géographic cherchait un pilote d'expérience.  Ils ont contacté une compagnie allemande qui, par hasard, fait des affaires avec mon entreprise, Paratour.  Le type de cette compagnie m'a référé et le magazine m'a appelé.  J'ai d'abord refusé pour une question d'horaire, parce que je ne voulais pas quitter pour un mois comme me le demandait National Geographic. Sauf qu'ils sont revenus à la charge et nous nous sommes entendus pour un séjour de trois semaines".

Éric Dufour avoue qu'avoir été choisi lui fait un petit velours parce qu'il y a beaucoup d'excellents pilotes de paramoteur dans le monde.  De plus, "le salaire est bon, même si c'est d'avantage pour l'expérience que je voulais faire ce voyage".

Sur place, l'équipe de neuf personnes aura toute la latitude voulue pour faire son travail. La nordicité de cette région procure, en effet, un plus grand d'heures d'ensoleillement, situation idéale pour la prise de photographies.

Long voyage

Pour se rendre à l'extrémité est de la Russie, tout près du Japon, M. Dufour devra se taper un voyage d'une journée et demie.

"C'est la partie du périple qui me plaît le moins.  Après des escales à Bruxelles et à Moscou, nous devrons faire neuf heures d'avion pour rejoindre Kamchatka, puis dix heures de voiture pour se rendre au site où nous filmerons les volcans."

Selon Éric Dufour, la prise d'images est facilitée en paramoteur parce qu'il y a moins de vibrations qu'en hélicoptère.

Une mission idéale pour le paramoteur

Plus petit, plus maniable et surtout moins dispendieux qu'un hélicoptère, le paramoteur apparaît comme tout désigné pour l'expérience volcanique du National Geographic.

"En plus de coûter environ 30 fois moins cher qu'un hélicoptère, un paramoteur peut décoller et atterrir dans un endroit très petit est sécuritaire et portatif.  Ce n'est pas compliqué:  pendant un mois, nous n'aurons pas besoin d'hélicoptère", avance Éric Dufour.

Car outre de produire un reportage sur les volcans sibériens, dans une des prochaines éditions, le National Geographic abordera le thème des paramoteurs.

"Cette expérience sera enrichissante pour moi et constitue une belle occasion pour faire connaître mon entreprise, Paratour", dit celui qui a formé environ 80% des pilotes de paramoteur québécois.