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3 juillet 1994 |

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| À l'aube de l'an 2000, les anges traditionnels ont troqué leurs ailes, leur robe diaphane et leur chevelure bouclée pour une combinaison de vol, un casque solide, une grande voilure et un petit moteur à hélice harnaché dans le dos. Ils pratiquent le paramoteur, un sport né en Europe il y a quelques années. |

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SAINT-JEAN-CHRYSOSTOME -- Mais ils volent aussi bien dans les nuages et avec tout autant de passion que leurs bibliques prédécesseurs. Ce sont les adeptes du paramoteur, un sport né en Europe il y a quelques années et tout à fait neuf au pays du Québec. Éric Dufour de Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, en a d'ailleurs fait la démonstration au SOLEIL à l'aéroport de St-Jean-Chrysostome, le 7e ciel des amateurs de voltiges aériennes de la Rive-Sud. Un petit coup de démarreur qui lance son son moteur, une course de quelques pas qui déploie sa voilure et le voilà qui évolue déjà loin du plancher des vaches suivi du regard brillant de ses ouailles. Plus tard, après avoir manoeuvré sa voilure en large évolutions, ascensions rapides et descentes légères, il atterrira angéliquement sur une seule jambe. De fait, Éric Dufour n'en est pas à ses premières voltiges. Pendant 20 ans, il s'est abondamment sustenté de pilotage et de parachutisme, jusqu'à réaliser au-delà de 800 sauts. Mais il souhaitait plus, un retour à la source de cette passion qui animait les pilotes de biplan du début du siècle. "Quand j'ai vu ça! La petite bébelle qu'on a toujours attendu, dont on a toujours rêvé pour voler doucement, en toute sécurité. C'est un engin qui vole facilement quand tu sais t'en servir. Le seul danger, c'est que c'est trop simple. Il y en a qui s'y jettent sans formation", dit-il du paramoteur. "C'est un appareil merveilleux mais il faut le connaître", insiste-t-il. Sa passion du vol, Éric Dufour ne demande pas mieux que de la partager. Il est justement prof de paramoteur, le seul au Québec et peut-être même au Canada. Il dispense à ses élèves la formation complète jusqu'à leur envol en solo. Formation qui doit être néanmoins confirmée par un examen du ministère des Transports. "En une semaine, un élève vole. Mais ça ne fait pas de lui un pilote. Il doit perfectionner sa technique", souligne M. Dufour. Jusqu'à présent, il en a formé 29. "Sans blessures", précise-t-il. Ces pilotes formés par M. Dufour, qui viennent d'un peu partout au Québec, c'est tout juste si on n'entend pas battre leur coeur quand ils parlent de paramoteur. Après six vols à son palmarès, Jacques Tremblay, de Magog, affirme avec un sourire dans la voix: "C'est le plus gros orgasme de ma vie. Le plus long en tout cas !" "C'est le vol libre. C'est la durée du vol qui est importante", note de son côté Robert Bélanger, de Cap-de-la-Madeleine, que les sauts en parachute ont laissé sur sa faim. "Avec un paramoteur, tu pars de chez vous dans un champs. Et tu en bénéficies chaque fois que tu en as envie", ajoute Daniel Therrien, de Trois-Rivières, pour sa part agacé par la lourdeur de la logistique requise pour les sauts en parachute. Daniel Bellegarde, de Lambton, explique quant à lui avec un regard d'initié: "C'est le cerf-volant amélioré de notre enfance". Le "Cerf-volant", comme le décrit M. Bellegarde, est susceptible d'emporter un pilote à des centaines de mètres d'altitudes à 25 kilomètres l'heure ou davantage et le garder en l'air jusqu'à deux heures. Seule véritable contrainte: Le vent qui ne doit idéalement pas dépasser 20 kilomètres heure. Actuellement, il y a une quarantaine d'adeptes du paramoteur au Québec. "C'est un sport qui va se développer", prophétise Éric Dufour en replaçant son moteur. |